柔の道
Ce qu'est l'oreille en chou-fleur, et pourquoi le grappling la provoque
L'oreille en chou-fleur n'est pas un bleu endurci ni un cal fait de cartilage. C'est une oreille qui a mal guéri, une fois, parce que le cartilage à l'intérieur a brièvement perdu l'irrigation sanguine qui le maintient en vie. Les oreilles épaissies et repliées qu'on voit dans toute salle de grappling sont une cicatrice, pas une armure.
Ce qui se passe vraiment là-dedans
L'oreille externe est un cartilage enveloppé d'une fine couche appelée le périchondre, et c'est cette couche qui apporte le sang au cartilage. Un frottement violent ou un coup contondant peut cisailler les deux couches et les séparer, et le sang s'accumule dans l'espace ainsi créé. Le cartilage se retrouve alors coupé de la seule chose qui le nourrit. Privé de sang, il commence à mourir, et le corps fait ce qu'il fait face à une lésion : il comble l'espace avec une cicatrice désorganisée et du cartilage neuf et bosselé. Ce comblement, c'est la forme en chou-fleur. Ce n'est pas de la force ajoutée à l'oreille. C'est l'oreille reconstruite à la hâte par un corps qui rapièce une lésion, et non qui restaure une forme.
Pourquoi ce sport, et pas la plupart des autres
Le grappling presse et traîne l'oreille comme peu d'activités le font : le côté de votre tête enfoui dans la poitrine de quelqu'un, écrasé contre le tatami pendant un scramble, raclé sous un bras qui passe, encore et encore au fil des années. Les chiffres sont frappants. Dans une étude de lutteurs et de judokas masculins de haut niveau, 84 pour cent avaient l'oreille en chou-fleur, et presque tous, 96 pour cent, la décrivaient comme douloureuse plutôt que simplement esthétique. La même étude a révélé quelque chose de plus parlant : 41 pour cent jugeaient la déformation désirable. L'oreille devient une ceinture à part entière, une chose que la salle lit comme du temps passé sur le tapis, ce qui explique en grande partie pourquoi les gens la laissent se figer exprès.
La fenêtre dont presque personne ne parle
Un gonflement récent de l'oreille n'est pas encore définitif. Pendant environ la première semaine à dix jours, c'est une poche de sang drainable, et si un médecin l'évacue et comprime l'oreille pour que les couches se ressoudent, le cartilage retrouve son irrigation sanguine et la forme peut récupérer. Passez ce délai et le nouveau cartilage durcit en place, et il est alors à vous pour de bon. Donc si votre oreille gonfle après une grosse séance, la bonne réaction est de consulter rapidement, pas de mettre de la glace en espérant que ça passe. L'essentiel de la déformation n'est que ce que l'attente laisse derrière elle.
Le protège-oreilles, et le choix qui vous revient vraiment
Les lutteurs portent des protège-oreilles et la plupart des pratiquants de jiu-jitsu n'en portent pas, ce qui explique en grande partie pourquoi on voit plus d'oreilles abîmées dans la salle de gi que dans celle de lutte. Le protège-oreilles réduit le risque, mais ne l'élimine pas. Pour un débutant, ce qui rassure honnêtement, c'est qu'un entraînement occasionnel provoque rarement cela : l'oreille en chou-fleur est une blessure due à un traumatisme répété, construite au fil d'années de rounds intenses, pas quelque chose qu'on vous remet dès votre premier mois. Si elle commence, c'est à vous de décider de la traiter ou de la garder. L'important, c'est que ce soit une décision, et non une chose qui vous est arrivée pendant que vous supposiez que l'oreille ne faisait que s'endurcir.
Ceci est un journal de débutant, pas un enseignement. Rien ici ne constitue un conseil d'entraînement, de santé ou médical. Apprends auprès d'un coach qualifié, et tape tôt. Avertissement